La lessive, quelle corvée !

Posted by yann in A découvrir, La rubrique de Bertrand

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Qui croit encore que la lessive était, sans machine, une tâche dure, longue, complexe, avilissante et dangereuse ?

ldmv avril 2013

Si votre grand-mère avait 20 ans en 1950 (les machines étaient peu nombreuses, non automatique et très chères), elle s’en souvient certainement.

Il fallait d’abord faire tremper le linge, lourd, en coton, lin ou métis, dans des baquets pendant toute une nuit, (l’essangeage, prélavage d’aujourd’hui). Puis on le tordait à la main avant de le passer dans la lessiveuse le lendemain pour le coulage.

C’était une sorte de poubelle en tôle munie d’un double fond avec au centre un tuyau surmonté d’un champignon. On y déposait le linge trempé et on versait de la cendre de bois saponifère, notamment de fougère. On y ajoutait du laurier pour le parfum, en versait  de l‘eau et on mettait le tout sur le réchaud. L’eau en chauffant montait dans le tube et sortait du champignon pour arroser le linge d’eau bouillante. L’eau retombait au fond du récipient avant d’être de nouveau renvoyée.

On laissait ensuite refroidir le tout. Ca ne donnait pas un peu de repos car « en attendant », on lavait à la main le linge qui ne pouvait pas bouillir.

On tordait encore le linge. Etait-il  propre ? Pas du tout ! Il fallait encore le brosser (le lessivage) car le linge était très souillé. Songez seulement aux vêtements des mineurs, aux langes des bébés – pas de couches jetables à l’époque, aux serviettes hygiéniques  – rien de jetable non plus.

Après la vapeur et les douleurs musculaires, c’était le froid et encore les douleurs au lavoir, souvent le surlendemain. Le linge y était porté à brouette, on s’agenouillait dans un carré de bois avec un peu de paille à l’intérieur et on passait le linge à la rivière. On le battait, on le retrempait et le battait encore (le retirage ou rinçage). La mère Denis quoi !

De retour à la maison, on tordait encore le linge et s’il faisait beau, on l’étendait sur l’herbe pour l’azurage. Sinon on le tendait et on le suspendait sur des fils.

Au moins trois jours, beaucoup de manipulations, des maux de dos, des engelures et des pneumonies. C’est sur, si internet avait existé, vous auriez eu bien du mal à trouver « Lalessiveuseduvoisin »…

 Bertrand DIDIER – lamachinealaver.com

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